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Lettre d’information n°11 - mai 2010

LETTRE No 11
Mai 2010

Chers amis de Bassiata,

La fin de l’année scolaire approche ; vous avez certainement autour de vous des enfants qui préparent les examens de fin d’année.

A Bassiata, c’est la même chose et l’on se prépare en CM2 pour l’examen de fin d’études. Les plus jeunes commencent à apprendre les chants et sketches pour la fête de fin d’année. Je serais heureuse que beaucoup d’entre vous puissent une fois assister à cette fête et faire ainsi la connaissance de leurs filleuls.

DEUX FAITS MARQUANTS POUR L’ECOLE
Un très positif : la construction de nouvelles classes,
L’autre plus triste : l’incidence de la crise alimentaire.

- La construction de trois nouvelles classes.

Nous avons reçu en mars la subvention de la Région Ile-de-France (10 000 euros) , ce qui nous a permis de boucler notre budget et de lancer les travaux du nouveau « bloc » de trois classes.

L’inauguration des nouveaux bâtiments aura lieu en même temps que la fête de fin d’année, fin juin. Les nouvelles classes seront opérationnelles dès la rentrée prochaine.

Rappelons que ces nouvelles classes permettront de dédoubler des classes à l’effectif trop important actuellement ( 71 élèves en CP et en CE2 ).

Aissata Haidara a signé, en décembre dernier, un accord avec nous, selon lequel elle s’engage à ce que l’effectif des classes où il y a des enfants parrainés ne soit pas supérieur à 50.

- L’incidence de la crise alimentaire sur les enfants.

Vous avez sans doute lu dans les journaux qu’une grave crise alimentaire, voire une famine en certains endroits, allait ravager le pays. Nous vous joignons en copie certains des articles que nous recevons presque quotidiennement.

Dès le mois de janvier, mauvaises récoltes et spéculation aidant, le prix des produits de base s’est envolé, jusqu’à tripler pour certains.
Pour mémoire, l’association finance dans le poste des dépenses spécifiques pour les enfants parrainés 4 repas par semaine – soit 82 € par enfant/an sur les 200 € du parrainage.

Compte tenu de l’augmentation des prix, cette somme est insuffisante pour couvrir les repas des 2ème et 3 ème trimestres. Sur la base du montant que vient de nous communiquer Aissata Haidara il manque une somme de 13,75 € par enfant soit 1 375 € que nous allons verser à l’école. Nous disposons de cette somme.

Mais ce qui m’inquiète le plus est cette fameuse période de soudure (juin à octobre) au cours de laquelle l’école est fermée. Pendant le mois d’été, les familles de nos filleuls n’auront pas les moyens de les nourrir correctement.
Heureusement grâce à votre générosité, dont je vous remercie, la trésorerie de l’association nous permet d’assurer des repas aux enfants parrainés qui resteront à Niamey pendant l’été. Je compte mettre en place ce dispositif lors de mon séjour fin juin.

LE JUMELAGE AVEC L’ECOLE DE CHOISY SE CONCRETISE
Les élèves de la classe de CE2 de l’école BASSIATA viennent de nous envoyer des dessins et des lettres pour leurs camarades de l’école Paul Langevin à Choisy le Roi. Jeanine Chardon qui a initialisé ce projet sera heureuse de les leur remettre le 18 mai prochain.

DEUX DATES À RETENIR, LE 15 JUIN ET LE 16 SEPTEMBRE

- Mardi 15 juin : Conférence de M. Seidik ABBA « Le Niger, aujourd’hui »
Nous avons prévu de nous rencontrer avant l’été, le mardi 15 juin, comme d’habitude en fin de journée à la salle Martignac.

La conférence de Bernard Droz, historien, avait suscité l’intérêt de beaucoup d’entre vous en février dernier, mais nombre de questions sur le Niger d’aujourd’hui étaient restées sans réponse, Bernard Droz ayant traité de la colonisation et de la décolonisation.
J’ai donc demandé à Seidik ABBA, journaliste nigérien, correspondant permanent à Paris de la PANA ( Agence Panafricaine d’Information) de venir nous parler du Niger, ce qu’il a fort aimablement accepté ; le 15 juin il traitera donc du Niger d’aujourd’hui, et des enjeux en cours.
Vaste sujet quand on sait que le coup d’état de février a ouvert la porte à de nombreuses réformes en cours .

Sa conférence sera suivie comme d’habitude d’un pot amical.

- Jeudi 16 septembre : Assemblée Générale annuelle de l’Association
Nous l’avons repoussée cette année car nous aurons la joie d’avoir Aissata Haidara, fondatrice de l’école, parmi nous. Ce sera l’occasion pour nombre d’entre vous de faire sa connaissance, de lui poser toutes les questions souhaitées et d’apporter vos suggestions. NOTEZ tout de suite cette date. Ce serait formidable si nous étions au complet !

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Voilà chers amis les dernières nouvelles. Vous recevrez bientôt l’invitation pour le 15 juin

Je pars à Niamey avec deux autres parrains fin juin avec un lourd programme de réunions avec les institutrices, les parents des enfants parrainés, le responsable du soutien scolaire, la cuisinière ! Je vais également contrôler les acquis depuis décembre dernier et j’espère rapporter de bonnes nouvelles. Enfin, j’organiserai aussi des ateliers pour les enfants, dessins, jeux et langue française.

A très bientôt
Marie-Françoise Roy et le bureau

PJ : quelques dépêches d’agences sur la situation alimentaire au Niger

DEPECHES D’AGENCES SUR LA SITUATION ALIMENTAIRE AU NIGER

12% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aigüe au Niger.
Niger : l’Unicef mobilisé

Au Niger, plus de la moitié de la population estime avoir moins de deux mois de stocks alimentaires jusqu’aux prochaines récoltes, attendues en octobre 2010.

L’enquête nationale sur la sécurité alimentaire menée en décembre 2009 est alarmante. Aujourd’hui, au Niger, un ménage sur cinq se trouve en situation de grande vulnérabilité alimentaire, soit 2,7 millions de personnes. Et 5,1 millions supplémentaires sont en situation de vulnérabilité modérée.

« Il est impératif d’appuyer le gouvernement dans ses efforts de mobilisation de ressources, afin de satisfaire les besoins alimentaires des personnes les plus vulnérables, a expliqué Khardiata Lo N’Diaye, coordonnatrice humanitaire résidente du système des Nations unies. Les Nations unies et leurs partenaires travaillent en étroite collaboration avec les autorités pour répondre rapidement aux priorités identifiées. »

« Il faut agir dès maintenant » Le plan de soutien élaboré par le gouvernement met en avant des priorités pour la sécurité alimentaire, la prévention de la malnutrition et la prise en charge nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans. En effet, la malnutrition aiguë globale affecte, déjà, plus de 12 % des enfants de moins de cinq ans, selon l’enquête nationale sur la nutrition et la survie de l¹enfant, menée en juin 2009 par l’Institut national de la statistique.

En 2009, l’irrégularité, la mauvaise répartition et l’arrêt précoce de pluies ont abouti à une insuffisance de la production céréalière et fourragère par rapport aux besoins de la population et du cheptel.

« Il est à craindre que cette situation pose de sérieuses menaces sur la sécurité alimentaire des ménages dans le court terme et compromette les efforts fournis jusqu’à présent, ajoute Khardiata Lo N’Diaye. Il faut agir dès maintenant, et ensemble . »

Février 2010

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L’aide alimentaire s’organise au Sahel menacé par la famine

Après les mauvaises récoltes de 2009, près de 10 millions de personnes au Niger et au Tchad sont menacés de malnutrition modérée ou sévère

Alerte à l’insécurité alimentaire à l’Est du Sahel. Les autorités du Niger ont lancé ce mois-ci « un appel pressant pour un soutien massif » de la communauté internationale face à la famine qui menace la moitié de la population, soit 7,5 millions d’habitants.
De l’autre côté de la frontière tchadienne, un rapport des Nations unies estime que 2 millions de personnes se trouvent « dans une situation de vulnérabilité alimentaire très élevée à élevée », essentiellement dans le nord-ouest du pays, ce qui représente 18% de la population totale.
Des pluies insuffisantes ont entraîné une chute des productions céréalières à la fin 2009 et au début 2010. Au Niger et au Tchad, les récoltes ont diminué d’environ 30% par rapport à celles de 2008.

Les puits s’assèchent, les banques alimentaires se vident, des villages entiers se dépeuplent. Les paysans émigrent peu à peu vers les villes dans l’espoir de trouver un travail, ou de bénéficier de la solidarité locale. Un phénomène de migration saisonnier qui prend de l’ampleur avec la sécheresse de cette année.

À l’intérieur des villes, la vulnérabilité des ménages a été renforcée par le niveau élevé des prix des denrées agricoles, supérieurs de 25 à 30% aux tarifs habituels. « La tendance à la baisse de la pluviométrie ces 30 dernières années, associée à la forte spéculation des produits agricoles et à la fragilité des ménages frappées par des crises à répétition a débouché sur la crise alimentaire actuelle », précise Vincent Taillandier, responsable des programmes d’Action contre la faim, l’une des rares ONG à soutenir les populations dans le Nord du Tchad.

La bande sahélienne en général, et le Niger en particulier, sont frappés depuis longtemps par une malnutrition chronique lors de la période de «soudure », c’est-à-dire le laps de temps entre deux récoltes qui s’étale de mai à octobre selon les régions. La forte pression démographique, les systèmes de production peu performants, la répétition des sécheresses, la pauvreté générale et l’absence d’outils de régulation des prix sur les marchés ont affaibli la capacité des familles à surmonter les chocs climatiques.

Mars 2010

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Niger : abandons “massifs” dans des écoles à cause de la disette

NIAMEY ‹ Des élèves abandonnent “massivement” leurs écoles au Niger en raison d’un exode rural pour fuir les graves pénuries alimentaires dans leurs villages, a indiqué vendredi le gouvernement. “Suite à l’insécurité alimentaire qui prévaut dans notre pays, des cas d’abandons massifs ont été enregistrés dans certaines écoles”, précise le conseil des ministres tenu jeudi dans un communiqué publié vendredi dans les médias officiels. Ces abandons de plusieurs centaines d’élèves sont pour l’instant signalés dans la zone de Takiéta, dans la région de Zinder (centre-sud), où des écoles primaires ont été totalement ou partiellement vidées de leurs élèves.

Jugeant la situation “très préoccupante”, le conseil des ministres explique que “ces départs sont la conséquence de l’exode des familles” face aux graves pénuries alimentaires. Il s’agit officiellement des premières vagues de départs de paysans fuyant la disette.
La région de Zinder est l’une des plus sévèrement touchées par la crise alimentaire qui frappe cette année le Niger.
Les populations de plusieurs pays sahéliens, en situation de malnutrition chronique depuis des années, ont été plongées dans une crise par le manque de pluies en 2009.

Selon l’ONG Oxfam, cette crise pourrait toucher “près de dix millions de personnes” lors des prochains mois.
Le cas du Niger est particulièrement alarmant, avec officiellement plus de 50 enfants morts de malnutrition depuis janvier.
Le 10 mars, le Premier ministre de transition nommé par la junte au pouvoir depuis février, Mahamadou Danda, a lancé “un appel pressant” à la communauté internationale.

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